LE PASSEUR, tome 2 : L'ÉLUE de Lois Lowry

mercredi 23 septembre 2015



Dans un monde archaïque et violent qui rejette les faibles, Kira ne doit sa survie qu'à son don exceptionnel pour la broderie. Le Conseil des Seigneurs l'a choisie pour restaurer et achever la fabuleuse Robe sur laquelle est inscrite toute l'histoire de son peuple. Mais il lui faudra auparavant, avec l'aide du petit Matt, résoudre d'inquiétantes et sombres énigmes pour trouver la couleur qui lui permettra d'inventer l'avenir...

L’élue est la suite du Passeur, un roman de Lois Lowry, bien connu par tous aujourd’hui grâce au succès retentissent de cette dystopie destinée aux plus jeunes, et la toute récente sortie du film a sans conteste remis le livre au goût du jour.
Alors que dans le Passeur nous suivions Jonas, un jeune adolescent vivant dans un monde en noir et blanc, dépourvu d’émotions et de couleurs, où chaque aspect de la société est contrôlé par un Conseil de Sages, ici, dans L’élue, bien que ce soit un second tome, le cadre change radicalement. Plus de Jonas comme héros principal, pas question d’un monde où les individus sont formatés dès le plus jeune âge. C’est d’ailleurs assez surprenant pour un second tome de ne plus retrouver l’univers du premier mais d’après ce que j’ai compris les quatre tomes de la saga sont tout à fait lier et il n’y a pas de panique à se faire.
J’exagère cependant quand je dis que le cadre change totalement. Bien évidemment on n’est plus dans le même cadre spatio-temporel, ni même avec les protagonistes que l’on connaissait déjà, mais on retrouve l’ambiance si particulière du Passeur. Je pense que le style de Lois Lowry impose cette ambiance si particulière, si intense et pourtant aux mots si simples, destinés aux plus jeunes. Je pense que si je n’avais pas su que l’élue avait été écrit par cette auteure j’aurai tout de même fait le lien entre les deux livres. Il y a ce je ne sais quoi d’elle à travers ces livres et même si les deux premiers tomes n’ont que peu de ressemblance scénaristique, on sent que l’élue est bel est bien la petite sœur littéraire du Passeur.
Ainsi donc, nous découvrons ici Kira, une bisyllabe (donc, une adolescente) dans un monde où les plus faibles sont supprimés de la société. Chacun doit pouvoir fournir de sa personne et travailler. Cependant, Kira est très jeune lorsqu’elle perd sa maman. Née avec une malformation à la jambe, Kira possède de l’or dans les mains et a l’incroyable chance de savoir s’en servir à merveille pour faire des miracles de couture. C’est ce qui va la sauver quand les autres femmes du village vont la mettre au tribunal pour décider de son sort. Grâce à ses capacités manuelles, elle va rester sauve et va avoir la grande mission de restaurer puis continuer la Robe, vêtement où toute l’histoire de son peuple y est cousue.
Si j’ai trouvé ma lecture passionnante, je n’ai pas ressenti toute l’émotion que m’avait offert Le passeur. Alors même si les deux livres peuvent très bien se lire indépendamment, il m’est difficile d’oublier leur affiliation et donc de ne pas les comparer.  Alors que Le passeur nous posait certaines questions en particulier, ici, dans l’Elue, ce ne sont plus les mêmes. Ce tome interroge la question de l’Art, de l’Etat, de la Faiblesse, de la Justice, du Libre-Arbitre. De grandes notions transmises aux plus jeunes pour tenter de leur faire comprendre le monde. Comme le premier tome, ce livre est un indispensable pour les enfants. Les questions abordées y sont intéressantes et intelligentes. Elles permettent de mieux saisir le monde qui nous entoure et d’aborder certaines notions délicates. 
Comme dans le premier tome on suit un schéma narratif assez similaire : un enfant voué à une nouvelle tâche, cette tâche va lui ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure, il va devoir se lancer dans une quête et même si la fin est pleine de révélations on sent qu’on a besoin de lire les deux derniers tomes pour comprendre où l’auteure veut nous mener.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/513kkA%2BDAAL._SX331_BO1,204,203,200_.jpgDe la même manière que pour pour son grand-frère, l’Elue se termine d’une manière assez brute où l’on connaît assez peu l’avenir des personnages. C’est cette fin ouverte que l’on espère en tout cas retrouver fermée dans le dernier tome, Le fils.

Une chose est certaine, c’est un livre que je conseillerai à tous et particulièrement aux plus jeunes. Je n’ai qu’une hâte désormais, celle d’entamer le troisième tome le Messager afin d’en savoir un peu plus sur l’univers brodé par cette auteure au talent d’écriture indiscutable.  

L'Élue de Lois Lowry (1993) publié chez Gallimard (Folio Junior) et traduit par Bee Formentelli / 252 pages / 6,60 €

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