Le mur invisible de Marlen Haushofer

mercredi 3 avril 2019


Il a fallu de quelques stories de l'illustratrice Diglee pour que ce livre, paru il y a plus de cinquante ans, devienne un vértiable phénomène littéraire sur Instagram - et au-delà. En rupture chez les libraires, puis chez l'éditeur, Le Mur invisible a fasciné et séduit en moins de temps qu'il n'en faut pour se décider à le lire. J'ai moi-même succombé à cette découverte et aussitôt acheté je le commençais, pour mon plus grand plaisir.

Le mur invisible est paru en 1962, écrit par l'autrichienne Marlen Haushofer dont je ne connaissais pas l'existence jusqu'alors. Pourtant, le résumé de cette histoire a tout pour plaire : une femme part en vacances chez son cousin et sa femme dans les montagnes alpines. Le couple décide de partir faire des courses au village mais ne revient jamais. L'héroïne reste alors seule avec leur chien. Au matin suivant leur départ, elle découvre qu'un mur invisible entoure largement le domaine, et elle se trouve isolée et seule face à sa survie. 

Très clairement, cette quatrième de couverture a tout ce qu'il fallait pour me séduire : un côté nature-writing, le récit d'une femme, la confrontation à sa condition humaine et sa solitude, et enfin, la lutte pour sa survie. J'ai eu tout ce que j'espérais lors de cette lecture. Je ne me suis jamais ennuyée, ni lassée et ce fut une semaine plongée dans ces pages si satisfaisante à découvrir.
Au final, il ne se passe pas grand chose. Mais c'est tout ce que l'on espère pour cette femme. Et le moindre mouvement nous saisit parce qu'il en va de sa survie, mais aussi des animaux qui l'entourent et l'aident à affronter chaque jour. C'est parce que les animaux ont une place importante, et que leur relation est si belle, que l'on s'attache à eux autant que l'on le ferait pour d'autres personnages.
L'on se retrouve donc avec un Robinson Crusoé des années 60, dans un climat de Guerre Froide et de peur face au progrès scientifique. Un Robinson Crusoé au féminin, où les peurs demeurent : écrire et prendre le récit pour ne pas perdre la raison, ne pas perdre ce qui fait de nous des humains, garder une part de conscience dans un univers si instinctif.

Je crois sincèrement que ces récits sont mes préférés. Je suis absolument fascinée par ces huis clos qui retranche l'humain dans sa psychologie la plus profonde. Ces récits de survie qui poussent à découvrir d'autres aspects de notre condition, loin de la vie lisse que l'on peut avoir au quotidien. Des récits d'introspection qui m'interpellent autant qu'ils me questionnent. Autour du temps, de ce que l'on fait de celui qui nous reste, de la vie que l'on mène et de la relation que l'on noue avec le monde entier.

Alors voilà, peut-être vous aussi succomberez à ce livre si particulier, un livre que je suis heureuse d'avoir sur mes étagères et que je lirai avec certitude dans le futur, plus tard. Un film en a été adapté, aussi - l'image qui illustre cet article en est par ailleurs tirée. Je compte le regarder prochainement pour prolonger cette fascination. Pour l'instant, c'est à mon tour de vous inviter à le découvrir, de vous laisser porter par ce récit hors du temps.

© Le mur invisible réalisé par Julia Roman Pölsler (2013)

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