La Page Blanche, Boulet - Pénélope Bagieu

mardi 12 juin 2012

Une jeune femme se réveille dans Paris.
Elle ne se souvient ni de son nom, ni de ce qui l'a amenée là. Son passé a disparu.
Avec humour et sensibilité, Pénélope Bagieu et Boulet racontent sa quête d'identité.


Éloïse est une jeune femme, Parisienne à notre époque. Assise sur un banc, elle oublie tout soudainement. Elle connait notre culture, mais tous les morceaux de sa vie la concernant ont disparu. Telle une agent secrète, elle s'imagine des scénarios, dans le but de redevenir comme avant.
Elle se rend compte de la personne qu'elle était avant, et marque un éloignement avec sa personnalité d'auparavant
Et si, à force de vouloir devenir tout le monde, on était plus personne ?

Je suis tombée sur cette bande-dessinée par hasard à la médiathèque. Ayant une heure de libre, j'ai commencé à me plonger dans l'histoire. La couverture m'a tout de suite attirée, et les graphismes aussi. Les dessins sont simples, colorés, et vivants. Je ne me suis même pas demandée si j'allais accrocher, j'ai accroché.
On s'attache très facilement aux personnages et on souhaite savoir ce qui est finalement arrivé à Éloïse. De nombreuses pages m'ont faite sourire, certaines rire, notamment quand elle rentre la première fois dans son appartement.
On y retrouve l'ambiance et les caractères des gens d'aujourd'hui et on s'identifie aisément.

Éloïse recherche donc son ancienne Elle. Elle met d'ailleurs un éloignement entre l'ancienne Éloïse et la nouvelle en la désignant telle une autre personne dont on ne connaît rien. Elle se rend compte qu'elle n'aime pas ses goûts.
Elle est prête à tout pour connaître son passé. C'est une personne obstinée mais très réfléchie. Elle reste une jeune femme très rêveuse, et ses nuits sont colorées de voyage. La journée, la moindre piste part en enquête policière ou romance impossible, et sa fraîcheur fait sourire.
Elle cherche à se reconstruire.

La conclusion est brève, mais m'a faite réfléchir d'un coup. On remet en question toute cette société de consommation, ou finalement tout le monde se ressemble. Les goûts sont partagés et uniques, beaucoup ne s'en rendent pas forcément compte. Cette morale permet de regarder notre propre vie, la voir pareil ou différente, si elle fait partie ou non de ce commerce.
J'ai bien apprécié cette BD, une dose d'humour et de remise en question parfaite pour passer un bon moment.

« Plus elle cherchait à se forger une identité, plus elle devenait... TOUT LE MONDE. Et puis un jour, elle est devenue PERSONNE. »
La page blanche, Pénélope Bagieu édité en 2012 chez Delcourt (201 p.)

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