Jane Eyre de Charlotte Brontë

mardi 15 mai 2018

http://www.croquelesmots.fr/2018/05/jane-eyre-de-charlotte-bronte.html

Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu de classique. Depuis la fin de ma licence de lettres, je n'avais pas eu l'occasion de m'y replonger. Et finalement, j'en ai eu l'envie, soudaine, il y a quelques jours. J'ai donc découvert, le temps d'une semaine, Jane Eyre, de Charlotte Brontë, un classique de la littérature anglaise que j'ai eu grand plaisir à découvrir.

La quatrième de couverture promettait une héroïne féministe, et il m'a fallu arriver à la moitié de cette histoire pour comprendre le pourquoi du comment. Et en effet, quelle héroïne ! Très particulière, très inattendue, Jane Eyre est une jeune femme qui n'a rien d'une Cendrillon, et pourtant, sa vie commence tout comme. Adoptée par sa tante après le décès de ses parents et de son oncle, elle vit une enfance douloureuse, sans réelle famille. On la rencontre, elle n'a même pas huit ans. Pendant près de sept-cent cinquante pages, on la découvre, on la voit grandir, devenir une jeune femme pleine de valeurs et de convictions. Elle est insaisissable et pourtant si dévouée. Jane Eyre est une héroïne particulière. 

Quel bonheur de retrouver une telle écriture. J'avais oublié l'effet que nous procurait le fait de lire un classique. L'auteure prend le temps de nous situer, de rendre compte de son atmosphère et des couleurs qui hantent les pages. J'ai pris énormément de plaisir à lire entre les lignes, à déchiffrer les sous-entendus, et à parcourir les chapitres avec un intérêt certain. C'est subtil, heureusement étoffé de notes qui m'ont été très utiles. Celles de cette édition sont en fin de livre, mais cela ne m'a pas dérangé, et permet finalement de proposer une mise en page claire et agréable, loin de l'image étouffante que l'on peut avoir de certains classiques. Ça respire ! Et pourtant, on étouffe parfois dans tant de mystères. Je ne veux pas trop vous en dire sur l'histoire, car je n'en savais moi-même rien. Il est question d'un parcours initiatique, d'une affirmation, d'un amour - tout aussi particulier que l'héroïne, qui ne satisfera peut-être pas tout le monde mais qui reste curieux à découvrir. De la chambre de Cendrillon au grenier de Barbe-Bleue, c'est le récit d'une quête d'identité, d'une quête de soi pour trouver sa place dans le monde.
Sept-cent cinquante pages, c'est parfois un peu long, notamment dans les derniers chapitres, où je me languissais de savoir le fin mot de l'histoire, même si j'en avais ma petite idée. Mais Charlotte Brontë sait surprendre et j'ai été étonnée par les nombreux (très nombreux) rebondissements et retournements de situation. 

Lire un classique, c'est aussi se rendre compte d'un tableau, d'une fresque d'une époque. C'est apprendre des mœurs, des références, des coutumes qui façonnent un âge qui nous est loin. Pourtant, c'est un véritable témoignage de quelque chose qui a existé et qui nous est accessible même aujourd'hui grâce à ces pages. Cela aussi m'avait manqué. J'ai donc ajouté quelques classiques sur mes étagères pour les découvrir prochainement : Les trois mousquetaires de Dumas notamment, A tale of two cities de Dickens et je n'ai pas envie de les faire trop attendre sur mes étagères.

Finalement, lire ce genre de roman, c'est retrouver toute la richesse d'une écriture. C'est aussi ce que j'aime dans la littérature de l'imaginaire : nous proposer un monde à voir et à parcourir. Les chefs d’œuvres littéraires savent très bien le faire. Et désormais je n'ai qu'une envie, partir à leur exploration remplir ma tête de ces voyages. 

1 commentaire:

  1. Je ne l'ai jamais lu, honte à moi ! ;)Je compte bien y remédier.

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