Chronique 49 : Lorsque j'étais une oeuvre d'art, Éric-Emmanuel Schmitt

dimanche 18 novembre 2012


Couverture Lorsque j'étais une oeuvre d'artLorsque j'étais une oeuvre d'art

Éditions : Le livre de poche
Genre : Contemporaine
Nombre de pages : 253
Date de sortie : 2002
Prix : 6.95 €
Quatrième de couverture, Synopsis 

Abattu par sa normalité, sa vie trop ordinaire, effacé par le succès de ses deux frères mannequins, le cadet Firelli décide de mettre fin à ses jours en sautant d'une falaise.
Mais c'est le moment que son "Bienfaiteur", le célèbre artiste Zeus-Peter Lama, choisit pour venir à lui et lui proposer de changer de vie, littéralement. 
Le retour à zéro, le faire disparaître et le créer de nouveau, pour devenir unique: la plus belle oeuvre d'art du sculpteur-créateur.
Suite à son entière (et étrange!) transformation physique, Firelli devient enfin le centre d'intérêt du monde entier. Et par dessus tout, plus célèbre encore que ses deux frères détestés. 

Mais peut-on sacrifier toute son identité et sa liberté pour obtenir ce qu'on a toujours voulu ?

L'auteur Éric-Emmanuel Schmitt est né en 1960.
 Après des études musicales au Conservatoire de Lyon, Eric-Emmanuel Schmitt a suivi un cursus l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm de 1980 à 1985.

Agrégé de philosophie en 1983, il soutient en 1986 sa thèse de doctorat intitulée Diderot et la Métaphysique (Diderot ou la philosophie de la séduction, Albin Michel, 1997).


Mon avis : 
           Ce livre m'a été prêtée par une amie, qui me l'avait fortement conseillée. 
Elle l'avait adoré dès les premières lignes, s'était sentie très mal à l'aise au milieu et avait été finalement soulagée par la fin. Et je dois avouer que j'ai également partagé le même sentiment durant la lecture de ce roman.
La seule différence que l'on a eu, est notre manière de l'avoir lu. Elle, a nécessité une pause quand le roman devenait dérangeant. De mon côté, j'ai eu hâte de le lire, passer ce passage rapidement pour en terminer au plus vite.
J'explique.

L'histoire débute avec un narrateur interne qui nous explique qu'il a toujours tout raté de sa vie. Également ses suicides. Une énième tentative ouvre le roman, et elle ne va pas déroger à la règle.
"Laissez-moi vingt-quatre heures". Voilà où tout commence. Laissez-moi vingt-quatre heures avant de décider de mourir ou non. Et c'est à partir d'ici que le célèbre artiste Zeus-Peter Lama va faire Firelli son homme-objet-art, en signant une décharge, l'homme s'offre totalement à l'artiste.
J'ai longtemps hésité à vous partager la plupart de l'histoire, mais je pense qu'il n'en est pas préférable. Mon avis étant basé sur une découverte totalement inconnue, je pense qu'il  est sympathique de s'aventurer dans ce récit sans forcément en savoir le contenu. (Je laisse un léger texte en blanc, que vous pouvez surlignez si spoil vous souhaitez.)
Zeus Peter Lama organise alors la mort du personnage, la rend officielle, et transforme complètement le physique de notre homme. Il le dénaturalise, le refaçonne, le sculpte. Et c'est d'ailleurs en tant que sculpture qu'il présentera le personnage dans son exposition.
Et tout le long, on voit la déshumanisation de ce pauvre homme, qui regrette peut-être finalement son choix.  
Il se rend compte de son intérieur, et voit le monde d'un oeil différent. Il découvre de nouveux sentiments, de nouvelles sensations. Finalement, le roman se clôt en laissant comme question existentielle "à partir de quand, n'est-on plus considéré comme un Homme ?".

Le récit débute avec un humour vraiment sympatique, et donne un aspect de lecture très agréable. On s'est d'ailleurs par moments retrouvées dans ces passages absurdes.
Pourtant, plus l'artiste transforme l'homme, plus l'histoire devient dérangeante, voire effrayante. Pour ma part, c'est un certain malaise que je ressentais. De la peine, de la compassion pour "Adam", du dégoût contre M.Lama, ce sont les sentiments que j'ai du éprouver. 
Jusqu'à la fin, j'espérais une fin moins désagréable, et c'est vraiment la première fois qu'un livre me met autant mal à l'aise.
Néanmoins, j'ai été frustrée sur l'apparence qu'à l'homme après sa transformation, car elle ne nous ai jamais dite. Et c'est assez pénalisant pour l'imagination, pour ma part néanmoins.

Je le trouve réellement intéressant du point de vue psychologique. 
Même en voulant cesser d'exister, doit-on être privé de toute humanisation ?
Peut-on décider de qui appartient à qui ? 
L'aspect de ce roman peut vraiment faire réfléchir (surtout quand vous le refermez, et que vous tombez sur un reportage disant qu'un certain homme, égérie d'un très grande marque de parfum est "l'homme-objet" d'un grand monsieur).

Je ne saurai absolument pas dire si j'ai aimé ou non ce roman.
Je l'ai trouvé drôle, il m'a mis mal à l'aise, m'a intriguée, et pourtant je reste toujours autant indécise, même deux mois après, concernant mon avis littéraire. 
J'avoue avoir du mal à trouver les mots pour cette chronique, étant donné mes pensées sur ce livre. 
Néanmoins, l'écriture de l'auteur est vraiment agréable, et on a vraiment cette sensation d'isolement que l'on recherche en tant que lecteur
C'est dans un monde à part où l'on est invité, dans ce même monde où j'ai eu envie de partir. 

[Kyeira]

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