Que lire en attendant Dragons 3 ?

samedi 23 juin 2018

http://www.croquelesmots.fr/2018/06/que-lire-en-attendant-dragons-3-bergeres-guerrieres.html

L'affiche de Dragons 3 a récemment été dévoilée ! Elle a fait beaucoup parler d'elle, et ça m'a donné envie de voir Dragons 2, que je n'avais encore pas vu. Il faut dire que je n'ai vu le premier opus que très récemment, et je suis malgré tout tombée sous le charme de cet univers.

C'est verdoyant, c'est Viking, c'est coloré et dynamique. J'ai adoré ce second épisode et le fait qu'il ne s'attarde jamais sur les relations amoureuses (c'est si simple et évident qu'il n'y a pas besoin de dix mille intrigues pour ça, bien que les choses semblent être différentes pour ce troisième volet...). Et maintenant, comme je dois attendre comme tout le monde février 2019 pour voir la suite, j'avais envie de vous parler d'une oeuvre similaire.. histoire de patienter encore quelques temps !


Bon alors j'avoue, pas de dragons dans ce que je vais vous présenter (mais du coup, où est le lien ? allez-vous me dire !) mais une atmosphère proche de celle du film d'animation. Je veux donc parler de la bande-dessinée Bergères Guerrières d'Amélie Fléchais à l'illustration - et je suis définitivement sous le charme de son travail - et Jonathan Garnier au scénario.
Il y a plus de dix ans maintenant que les hommes du village sont partis à la guerre, laissant femmes, enfants et anciens. Seulement voilà, pendant ce temps il a bien fallu se débrouiller, et les femmes ont formé l'ordre des Bergères Guerrières, de redoutables combattantes qui protègent les troupeaux et le village. Or, la jeune Molly est plus qu'heureuse au début de cette histoire puisqu'elle a enfin atteint l'âge nécessaire pour commencer cette formation qu'elle convoitait tant, tout comme son meilleur ami Liam - même s'il faut être une femme pour être bergère-guerrière.


Tout d'abord, je voudrais m'attarder sur les illustrations, les couleurs absolument chatoyantes et pile en harmonie avec celle des films d'animation Dragons. On se croirait sur les terres du Nord, quelque part entre les vikings et le haut du Royaume-Uni. C'est une faune sauvage mais accueillante, fraîche mais chaleureuse. On se sent bien dans ces pages et l'on retrouve une certaine tendresse qui m'a plu.
Côté scénario, j'ai été là encore vraiment satisfaite et touchée par les propos développés. Non seulement on peut y voir une certaine forme de mysticisme, mais aussi de bienveillance à l'égard de notre entourage, des personnes dont il faut prendre soin. Il y a un petit esprit proche de Rebelle (dont l'univers graphique est encore une fois très prégnant) avec tout ce qu'il faut de révolte, de questionnements autour des traditions et du fait de grandir.


En moins de cent pages, ce premier tome soulève énormément de thèmes très humains et inhérents à chacun. Un ouvrage donc à mettre entre les mains de petits et grands. Les niveaux de lecture sont multiples, la fin nous donne terriblement envie de lire la suite. Bref, si vous souhaitez retrouver l'unviers de Mérida ou celui de Harold, Bergères Guerrières est une lecture indispensable !

Connaissiez-vous cette histoire ? Avez-vous d'autres univers proches de ceux-là en tête ?

Ce qui m’a redonné envie de lire des classiques

jeudi 7 juin 2018

http://www.croquelesmots.fr/2018/06/lire-des-classiques.html

De mon souvenir, j’ai souvent lu des classiques, régulièrement, en les appréciant. Je me rappelle de ma rencontre avec Bel-Ami en classe de 3e, peut-être le premier vrai classique que j’ai lu, puis relu en 2nde et tout autant apprécié. En licence de lettres je n’y échappais pas non plus, et c’était souvent une belle découverte. Et puis je suis passée en information-communication, où j’avais plus souvent la tête dans les nouveautés numériques plutôt que dans les classiques qui trônaient sur les étagères de librairies ou de bibliothèques. Pourtant, depuis quelques semaines maintenant, j’ai repris le goût des classiques, et j’avais envie de vous expliquer grâce à qui et comment.

Les classiques, on les appréhende, on les connaît sans les avoir pour autant lus, ils nous parlent et font référence. Alors que je les ai souvent fréquentés, je les avais presque oubliés ces derniers mois, et j’avais moi aussi développé cette appréhension à leur égard. Et finalement, je commence à revenir vers eux, avec surprise et délectation. En fait, comme pour tout le reste, il suffit de regarder des vidéos, des photos, des stories, pour en avoir en envie. Et j’ai découvert de chouettes comptes pour lesquels leur amour pour ce genre fait chaud au cœur.

Tout d’abord Mirage_livresque sur Instagram, fan invétérée de Dumas que je découvre par ailleurs en ce moment. Elle est plongée dans les classiques, et ça donne terriblement envie d’en lire aussi. Allez voir, vous comprendrez immédiatement pourquoi ! Sur Youtube, plusieurs comptes très différents les uns des autres : Christy Anne Jones, The reading sisters, Le Mock... mais avec la même passion de la lecture. Et c’est à force de regarder des conseils, des coups de cœur, des indétrônables, que j’ai eu moi aussi envie d’aller de nouveau à leur rencontre. Tout d’abord Jane Eyre, parce que c’était un des seuls classiques de ma bibliothèque qui me faisait envie. Je vous en ai parlé justement en article il n’y a pas très longtemps.

Et puis il y a les classiques de chaque genre. Pourquoi toujours penser à la littérature française du XIXe quand on dit « classique » ? En tant qu’amatrice de littérature de l’imaginaire, il me fallait aussi découvrir les titres phares du genre, et ma liste est grande : Fondation (à découvrir par ici), Dune, Le Seigneur des Anneaux (et quelle lecture ! j’en reste encore frappée), et j’en passe… Le monde des classiques est vaste. Il ne s’arrête pas à ceux que l’on nous présente à l’école. Il y a tous ceux de la littérature étrangère, tous ceux qui ont inspirés les plus grands chefs d’œuvre audiovisuels par exemple.
J’ai retrouvé dans les classiques quelque chose qui me plaît aussi dans la fantasy : le temps de la description, celui où l’auteur.e prend le temps de dépeindre son monde, ses personnages, de proposer une fresque vertigineuse. C’est la possibilité de lire entre les lignes, mais pas seulement. La possibilité d’en apprendre plus sur une époque tel un témoignage de notre propre passé, mais pas seulement. La possibilité de le lire avec simplicité et grand plaisir… mais pas seulement.
J’ai donc lu Jane Eyre. En ce moment Les Trois Mousquetaires. Et prochainement Hugo, Dickens, et Tolstoï je l’espère. J’ai été prise d’effroi devant certaines scènes dépeintes par Charlotte Brontë, j’ai ri dans le tram grâce au style de Dumas. On les imagine parfois un peu complexe ou froid mais ils sont beaucoup plus tendres qu’on ne le pense ! J’ai désormais un peu moins peur, et je compte aller à leur rencontre encore plus fréquemment que je ne le faisais auparavant.

Et vous, quel est votre rapport avec les classiques ? Est-ce que vous en lisez souvent ? Quels sont vos préférés?

Sweeney Todd & Soeurs Carmines

lundi 4 juin 2018

http://www.croquelesmots.fr/2018/06/sweeney-todd-soeurs-carmines.html

Il pourrait sembler étrange de voir ces deux titres l'un à côté de l'autre dans cet article. D'un côté, les soeurs carmines, un ouvrage jeunesse - young-adult au ton loufoque et à l'ambiance urban fantasy. De l'autre, un barbier qui donne des frissons dans le dos et qui sème la mort dans les rues de Londres. Et finalement, je trouvais qu'ils allaient assez bien ensemble,  c'est pourquoi je voulais vous les présenter aujourd'hui.

Je n'ai jamais vu le film Sweeney Todd, et quand les éditions Callidor m'ont proposé de découvrir leurs titres, je me suis dit que ce serait intéressant et enrichissant de le découvrir !
Ce qui m'a particulièrement plu dans cette histoire, c'est indéniablement l'ambiance. L'auteur parvient, en quelques mots, à dépeindre une rue, un lieu, une foule, des bruits, une ville qui vit. J'ai trouvé ça vraiment formidable car tout prend vie sous nos yeux et l'on plonge assez rapidement dans le récit.
C'est aussi ce que j'ai ressenti avec le premier tomes des Soeurs Carmines : un univers dépeint avec facilité, avec humour et jeux de mots. Quelques tournures de phrases ont suffi à me faire rire, dès les premières pages. Un peu de fraîcheur dans un univers bien glauque. Et finalement, c'est peut-être cela qui rejoint les deux histoires, un univers pas très chaleureux, mais l'écriture est là pour nous mettre en confiance.

Néanmoins, pour chacun des titres, j'avoue qu'il m'a manque un petit quelque chose pour apprécier à 100% ma lecture. Alors que Soeurs Carmines ne faisait qu'à peine deux cents et quelques pages, j'ai mis du temps à le lire. Proche de la fin, j'accrochais déjà moins à l'histoire. Mais, je dois l'avouer, le cliffhanger des dernières pages me rend tout de même curieuse de lire la suite. Je ne suis pas encore décidée mais la fin était vraiment bien jouée et j'étais loin de m'attendre à ça.
Pour Sweeney Todd, j'ai aussi eu du mal à m'intéresser au fond de l'histoire, je n'avais pas spécialement l'envie de retourner sans cesse vers ma lecture et je crains ne pas en garder beaucoup de souvenirs. Ce titre est plus mitigé pour ma part.

Par contre, je retiendrais de ces lectures leur univers froid et sombre. Dans les Soeurs Carmines, ce monde est détourné à la dérision. Mention spéciale aux pendus du jardin public, sur lesquels on pose des guirlandes lumineuses lors des piques-niques et garden party (cette phrase, située dès les premières pages donnent à la fois le ton du texte mais témoigne aussi de l'univers loufoque dans lequel on se trouve). Les architectures décrites resteront empreintes dans ma mémoire, tout comme celles de Sweeney Todd. Dans ce dernier, je retiendrais aussi la violence qui émane du personnage, du froid dans le dos qu'il m'a fait ressentir.

Voilà donc deux lectures qu'il me semblait pertinent de présenter ensemble, deux lectures au ton différent mais à l'ambiance glauque assurée. À découvrir un soir d'automne frissonnant...

Imaginales 2018, Fondation et Brandon Sanderson

jeudi 31 mai 2018

https://www.croquelesmots.fr/2018/05/imaginales-2018-fondation-et-brandon-sanderson.html

Je suis revenue des Imaginales il y a quelques jours. C’était ma deuxième fois dans la charmante ville d’Épinal. Un salon définitivement à faire si la littérature de l’imaginaire vous branche, si les récits de science-fiction vous fascinent, si la fantasy vous passionne, si vous avez envie de rencontrer des personnes tout autant curieuses, ou simplement si vous avez envie de découvrir ce genre. J’en ai gardé des étoiles plein les yeux, avec définitivement l’envie d’y retourner l’année prochaine.

Et du même temps, voilà que j’ai envie de vous parler de mes dernières lectures SFFF (science-fiction fantasy fantastique). Tout d’abord le premier tome de Fondation, cycle culte d’Isaac Asimov, qui m’a été offert par ma chère Ninon des Carnets d’Opalyne pour Noël.
J’avais entendu parler de ce livre comme d’un classique à découvrir, comme d’un chef d’œuvre à connaître, et j’ai vraiment été absorbée dans les pages de cette histoire.


Nous voilà donc au treizième millénaire de l’ère impériale, où Hari Seldon, prédit la chute de l’Empire dans les trois cent prochaines années à venir, aux moyens d’une science statistiques et mathématiques. Mais au lieu de plonger l’univers dans un chaos de plusieurs milliers d’années, il propose de raccourcir cette période en formant Fondation, l’Encyclopédie qui regroupera l’ensemble des savoirs accumulés.
Et c’est ainsi que commence la première nouvelle. Puisque c’est de nouvelles dont il s’agit, cinq au total, publiées entre 1942 et 1944 puis regroupée pour la première fois en 1951. Et savoir ceci m’a permis de comprendre les bonds temporels entre chaque partie, puisqu’il se passe parfois trente à quatre-vingt ans ! Difficile de s’attacher aux personnages quand on les perd de vue bien des années plus tard. Malgré cela, le récit demeure fascinant, riche en rebondissements et en révélations inattendues. Des thèmes tels que le déterminisme, l’action morale, la décadence, la politique, sont traités tout au long de l’œuvre et lui offrent une richesse de réflexions vraiment inépuisables. Je lirai la suite prochainement je l’espère, et c'est un titre que je vous conseille bien entendu. C’est fluide à lire, beaucoup plus accessible que je ne le pensais. Cependant je ne le proposerais pas en première lecture de science-fiction puisqu’il reste complexe dans son organisation ! Mais définitivement à lire, c’est absorbant !

J’ai aussi eu la chance de recevoir récemment Les bracelets de larmes de Brandon Sanderson, troisième tome du spin-off de Fils-des-brumes, sixième dans l’intégralité de l’histoire. J’ai donc lu L’alliage de la justice, le premier spin-off, qu’il me fallait découvrir afin de poursuivre ma lecture. Promis, pas de spoil ici puisque l’histoire se déroule trois cent ans après les événements du Héros des siècles, et il me semble important d’avoir lu ce dernier pour apprécier pleinement cette nouvelle histoire. Mais comme d’habitude, Brandon Sanderson fait les choses bien et prend le soin de rappeler, expliquer, situer, bref il déploie son univers toujours avec justesse.


Ici nous sommes dans un western-steampunk à base de poudre à canon, de wagons pillés, d’un mystère à résoudre aux côtés de Waxillium et son acolyte Wayne. J'ai été destabilisée au début de ma lecture, notamment parce que les personnages des aventures précédentes me manquaient. Ensuite, je dois souligner que l'héroïne a la particularité de rougir dix fois par pages, et une fois ceci remarqué, je n'avais que cela en tête à chaque récurrence. Au-delà de ça, le récit redevient vite palpitant dès que des références à l'univers en général sont faites, dès que l'intrigue autour de l'allomancie et de la ferrochimie prend place et il est difficile de ne pas être curieux face à cela.
J'ai terminé le premier livre il y a quelques heures à peine, mais j'ai déjà envie de découvrir la suite, parce que l'univers de Sanderson, c'est quand même quelque chose ! D'autant plus depuis que j'ai appris ceci : Fils-des-brumes est pensé par l'auteur comme une trilogie de trilogie, dans laquelle la chronologie proposerait un univers de plus en plus développé. Fantasy traditionne, ère moderne, ère avancée. Entre ces trilogies, des spin-off, tel que L'alliage de la justice qui devient une saga nommée Une histoire de Fils-des-brumes avec quatre tomes prévus à ce jour. Pour faire court, Brandon Sanderson semble avoir des ressources inépuisables, et je compte bien découvrir chacun de ses livres... si j'arrive à tenir le rythme puisqu'il sort plus d'un livre par an !

Alors voilà, comme à chaque fois la littérature de l’imaginaire sait me transporter et je pense ne jamais me lasser de la découvrir. Déjà parce qu’elle me fait réfléchir sur chacun des aspects de notre propre monde, mais aussi parce qu’elle m’en éloigne si facilement. Et c’était un peu ça, ce week-end aux Imaginales, un moment hors du temps et en même temps si fédérateur. Je regrette de ne pas avoir assisté aux conférences, mais je compte bien les rattraper grâce aux enregistrements d’Actu SF. Une sorte de prolongement, à distance, entre écoute des podcasts, et jolies photos qu’il me reste ; entre rencontres avec des passionnés, et livres que j’ai désormais envie de découvrir.