Quelques minutes après minuit : empreint d'humanité


J'ai rencontré Patrick Ness avec le roman Et plus encore. C'est un roman atypique à l'atmosphère qui lui est bien propre. J'en garde un très bon souvenir. À l'occasion de la sortie de l'adaptation de Quelques minutes après minuit, j'ai eu la possibilité - grâce aux éditions Gallimard que je remercie - de découvrir la version collector. Si j'avais à qualifier ce titre, je dirais simplement qu'il est profondément humain.

Connor O'Malley est un garçon d'une douzaine d'année. Il vit seul avec sa maman atteinte d'un cancer. Chaque nuit, un cauchemar hante ses nuits, un cauchemar qui le trouble jusque dans son quotidien. Un cauchemar qui lui amènera la venue d'un monstre, mais pas n'importe lequel : un monstre qui raconte des histoires. Seulement, ce sera à Connor de raconter la dernière. 

La version illustrée est mise en valeur par l'incroyable Jim Kay. Et si ce nom ne vous ait pas inconnu, c'est bien normal puisqu'il s'agit de l'illustrateur jeunesse le plus rentable ces temps-ci j'imagine ; j'ai nommé : Jim Kay, illustrateur des Harry Potter illustrés. Et tout de suite, ça fait sens. Ici cependant, c'est dans une version sombre aux frontières de l'effroyable que Jim Kay va interpréter le scénario de Patrick Ness. Les planches sont à couper le souffle et donne un relief impressionnant au monde construit par cette histoire. L'imaginaire de Connor hante les pages et l'esprit du lecteur, c'est fascinant d'inquiétude.


L'histoire quant à elle est incroyablement humaine. C'est définitivement le mot qui m'est venu en tête au terme de ma lecture. On s'attend en quelque sorte à la fin. Cependant, on ne s'attend pas à cette fin-là, avec cette révélation. Vous savez, ce petit quelque chose qui en dit plus sur le personnage et bouleverse absolument tout. Elle se cache ici, la réussite complète de ce titre. Par une simple révélation, Patrick Ness bascule un récit pour la jeunesse plutôt intéressant à un monde à la fois déchirant et injuste. L'émotion est évidemment au rendez-vous, et en même temps, on ne fait qu'en demander. 


Vous l'avez peut-être vu dans ma sélection de mes meilleures lectures de 2016, et pour cause. C'est le genre de livre qui parvient à remettre en questions vos habitudes, votre quotidien. Je pense notamment au chapitre sur l'invisibilité. Comment prêtez-vous attention aux personnages malades (ou qui ont des proches sur le point de mourir), handicapées, seules dans la rue ? Y prêtez-vous attention d'ailleurs ? Non, ne vous inquiétez pas, je suis loin de vous jeter la pierre. Moi-même j'ai remis en question mes propres agissements à la lecture de ce chapitre.

Et finalement, les livres qui vous donnent envie de devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de meilleur, ne serait-ce pas les meilleurs ?

Quelques minutes après minuit de Patrick Ness. Gallimard Jeunesse. Édition Collector 25 € - 368 pages. (Existe en format poche)

Journal d'un vampire en pyjama : des étoiles entre les pages.


« La Lune n'est pas pleine, mais des étoiles coulent dans mes veines. »
Je pense que cette simple petite phrase permet de résumer à elle seule la beauté, la douceur et la douleur transmise à travers ce journal. Mathias Malzieu est un auteur que j'affectionne beaucoup et ce depuis plusieurs années. J'ai découvert sa plume avec La Mécanique du coeur qui est un roman profondément unique et touchant. Depuis j'ai pu découvrir d'autres titres de l'auteur, mais je crois que Journal d'un vampire en pyjama est mon préféré. 

Ce journal est le récit d'un passage à vide, le passage d'une vie qui redémarre telle une (re)naissance. L'issue, on la connaît. Mais le voyage est primordial. Atteint d'une grave maladie de la moelle osseuse, Mathias Malzieu s'est petit à petit transformé en vampire : le visage pâle et des transfusions de sang régulières ont bouleversé sa vie et c'est une année de traversée du désert qu'il a affronté.

On reconnaît du Mathias Malzieu comme on reconnaîtrait du Tim Burton ou du Lois Lowry. Ce que je veux dire par là, c'est que dès les premières phrases, on retrouve cet univers à l'identité très marquée, à la présence imposante mais agréable de l'auteur. On sent que chaque mot est issu de son esprit et il y a quelque chose de réconfortant à retrouver cette plume. Et quelle plume ! Adepte des néologismes, l'auteur se plaît à redessiner les mots et à les poétiser. La musique n'est jamais loin puisque le chanteur de Dionysos sait aussi bien inscrire le rythme de ses mots comme il le fait dans ses chansons.

Journal d'un vampire en pyjama est aussi un livre particulièrement émotionnel. J'ai ri de nombreuses fois, même dans le tram. J'ai pleuré de nombreuses fois, même dans le métro. Enfin, j'ai fermé mon chapitre avant de laisser les larmes rouler sur mes joues. J'ai attendu d'être chez moi, de ressentir ces incroyables émotions qui s'enchaînent à une vitesse plutôt agréable. Premier critère pour devenir un coup de coeur : validé. 
Le second point est la transformation que ce livre a fait sur moi. Les livres qui me font voir le monde autrement me fascinent. Il fait partie de ceux là. Il relativise nos bobos du quotidien, notre fatigue et notre anxiété pour nous montrer ce qu'est aussi une vie plus difficile où le hasard choisi ses victimes. Il permet de se rendre compte de tout ce qui est invisible dans notre vie de tous les jours - ou au moins une partie - et ça fait du bien. 
Enfin, ce livre est un coup de coeur pour l'intérêt que je lui ai porté. Je ne l'avais même pas encore terminé que me voilà embarquée à chercher interviews, articles de journaux, écoute de l'album... D'ailleurs, je vous invite à aller l'écouter (peut-être après votre lecture). Alors que le livre était parfois très sombre, j'ai trouvé l'album très solaire. Il fête la victoire et c'est pour cette raison que je suis ravie de l'avoir découvert ensuite pour prolonger mon expérience de lecture. 

Il ne me reste plus qu'à voir si ce livre me marque dans le temps. Mais je n'en doute pas trop. Journal d'un vampire en pyjama est le genre de livre qui vous colle à la peau, le genre de livre qui vous suit dans vos nuits comme partout ailleurs. Alors bien évidemment je ne peux que vous inviter à le lire et le découvrir. Et puis, n'est-ce pas un joli coup de cœur pour commencer l'année ?

Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu. Paru aux éditions Albin Michel en 2016. 233 pages, 18 €

Coup de foudre pour Life is Strange


Une fois n’est pas coutume, j’aimerais vous parler de jeu-vidéo. Il va m’être difficile d’être claire car mon avis est ici exposé à chaud. Voilà seulement quelques heures que j’ai terminé Life is Strange, et je crois qu’il va me falloir du temps pour m’en remettre.

Envisager 2017


Je vais tout vous avouer : 2017 me terrifie. Dans quatre mois, ma licence se termine. Dans quatre mois, je serai normalement diplômée. Mais ce sera aussi le moment de choisir mon master. Et là, je tremble. Alors qu'en première année de licence je voyais mes études toutes tracées, les années, mon stage et mes différentes expériences ont fait que je ne sais plus quoi faire. Alors évidemment, envisager l'année comme une série de choix me remplit d'angoisse.

acheter moins, mais mieux ; aller au marché ; cuisiner

2017 n'est pas non plus l'année où je compte prendre de vraies résolutions. En fait, j'aimerais surtout poursuivre ou améliorer celles que j'avais prises l'année passée. Je me souviens avoir voulu un mode de vie plus sain. Et pour l'instant, c'est pari gagné. Ma routine salle de bain est entièrement naturelle et éco-responsable grâce à la slow-cosmetique et au minimalisme. Pour 2017, j'aimerais poursuivre ce mode de consommation : acheter moins mais de meilleure qualité. Depuis que je fais ça, je sens vraiment la différence dans ce que j'investis et je compte continuer dans cette voie que ce soit avec ma garde-robe ou mes achats du quotidien. Mon frigo a lui aussi bénéficié de produits biologiques ou équitables. J'ai découvert de nouveaux aliments dont je ne saurais me séparer désormais. 
À quelques arrêts de tram de chez, il y a un grand marché de producteurs qui se tient trois fois par semaine. Et j'ai honte de l'avouer, mais je n'y ai encore jamais mis les pieds en deux ans et demi. C'est décidé, aller y faire un tour une fois par semaine ne me fera pas de mal et me permettra de poursuivre ma démarche de consommer mieux avec des produits locaux et de meilleure qualité.
Dans le même sens, j'aimerais vraiment cuisiner. Que ce soit à l'université ou au travail, j'ai un micro-onde à disposition et je n'ai plus aucune excuse pour ne pas manger des plats préparés. D'ailleurs j'adore ça, seules les idées me manquent. Je suis persuadée que ce petit tour au marché me fera cuisiner plus ; j'ai déjà hâte.
Dans cette même lignée de minimalisme il y en a bien sûr une que j'aimerais envisager du côté des livres : emprunter plus à la médiathèque. D'ailleurs, mes premières lectures de l'année proviennent de la médiathèque. Pratique pour assouvir ses désirs coup de tête sans risque et découvrir de nouvelles choses. 

jouer, lire et découvrir, aimer

Du côté de mes passions, j'aimerais découvrir plus de jeux-vidéo. Je redécouvre le plaisir de jouer grâce à certains jeux coups de coeur de ce début d'année comme Life Is Strange (énorme coup de coeur, je vous en reparle très vite) et j'aimerais sincèrement en profiter. Mon chéri est un gamer confirmé alors je suis sûre que je n'aurais aucune difficulté à satisfaire ce loisir. 
Concernant la lecture, j'ai longtemps hésité à me mettre des objectifs. Même si je me moque du nombre de livres lus - je suis par exemple incapable de vous dire combien j'ai lu de livre en 2016 - j'ai décidé de poursuivre le challenge Goodreads. Pendant trois ans j'avais fixé l'objectif à 100 livres. Il me semble que j'ai clairement échoué cette année. Pour 2017, je l'ai placé à 78 livres, ce qui correspond à un livre et demi par semaine. J'espère que cela me motivera à dépasser mes différentes pannes de lecture et me concentrer sur des livres qui me plaisent. 
À nouveau, pas de résolution particulière si ce n'est poursuivre mon challenge #faitesletourdumonde qui consiste à lire plus de littérature étrangère. J'aimerais aussi relire certains livres qui m'ont marqué tels que Les fiancés de l'hiver, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire... J'ai envie de lire des livres qui me font sincèrement plaisir, et que chaque lecture soit une nouvelle aventure. Voilà presque cinq ans que je tiens mon blog et mes goûts se sont clairement affinés ; j'espère que 2017 m'apportera des lectures de qualité.

Enfin, ces fêtes de fin d'année m'ont permis d'ouvrir un peu les yeux. Passer du temps avec ma famille pour Noël et mes amis de lycée pour le Nouvel m'a montré que j'aimais beaucoup mes proches. Je suis quelqu'un qui n'éprouve que très peu de manque ; ces soirées m'ont donné envie de profiter un peu plus de la vie qui m'entoure et de partir à la découverte du monde et de ceux qui le façonnent.

Mes meilleures lectures de 2016

On ne changera pas les traditions et parler de mes lectures de l'année est ce que je préfère faire. Que ce soit en article ou en vidéo, je trouve cet exercice passionnant puisqu'il donne un bon panorama de mes lectures mais me donne aussi suffisamment de recul pour savoir quel livre aura le label de coup de cœur ou non. Si je sais que certains livres seront des coups de cœur dès la fin de ma lecture, il y en a certains pour qui il faut du temps et de la digestion pour me rendre compte de la perle que je viens de découvrir. Mais je vais cesser de bavarder et vous présenter ces fameux élus.

Faites le tour du monde ! Départ pour la Havane


Comme promis le mois dernier, le mois de janvier sera consacré à la littérature cubaine. Voilà un moment que ça me trottait dans la tête, mais je dois dire que la mort de Fidel Castro en cette fin d’année m’a donné envie de mettre mes idées à exécution (sans mauvais jeu de mots…). Plus que des titres, je vous propose des auteurs à découvrir. La plupart d’entre eux ont une bibliographie assez grande – je pense à Zoé Valdes ou Leonardo Padura – avec des pages plus ou moins nombreuses et des prix élevés ou non. Les titres présentés ici sont donc indicatifs, je vous invite à aller découvrir les autres livres des auteurs pour vous donner aussi envie d’autres choses. 

L’Amérique du Sud est un continent que je rêve de découvrir : Cuba, la Nouvelle Orléans, le Pérou, la Colombie, ce sont toutes des régions que j’aimerais visiter. Depuis que j’ai vu le film Diario de Motocycleta au collège puis au lycée, j’ai su qu’il fallait que je mette un jour les pieds là-bas. Si c’est pour l’instant impossible, j’en profiterai à travers les pages de romans. Je vous laisse donc découvrir la sélection.

33 révolutions de Canek Sánchez Guevara
Sûrement le livre qui me donne le plus envie dans cette sélection ! « En 33 courts chapitres, Canek Sánchez Guevara, petit-fils du Che, fait vibrer Cuba comme jamais : le désenchantement s'écrit dans une langue superbe, intense, addictive, et la crise des balsas est prétexte à un formidable hymne à la liberté. »

Dans 33 révolutions, on entend les télévisions qui diffusent les telenovelas et l’on sent l’humidité poisseuse de La Havane. Quant à la politique, elle est morte depuis longtemps, et ne survit que dans le disque rayé d’une lointaine et historique révolution cubaine… (Télérama)

110 pages – éd. Métailié – 9 €

L’homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura
Quand on recherche un auteur cubain sur Google, Leonardo Padura est le nom qui revient quasi instantanément. Il était donc évidemment que je le place dans cette liste. J’ai du réfléchir longtemps à quel livre choisir. L’auteur est adepte des livres longs ! Peut-être pour les plus chevronnés d’entre vous ?
« Sur la plage de La Havane, Ivàn, écrivain frustré, a recueilli les confidences d'un homme mystérieux, promenant deux lévriers barzoï. L'inconnu semblait connaître intimement Ramôn Mercader, l'assassin de Trotski. Des années plus tard, Ivàn s'empare de cette rencontre : il retrace les trajectoires de Trotski et de Ramôn, depuis la Révolution russe jusqu'à leur rencontre dramatique à Mexico... »
816 pages – éd. Points – 9,30 €

Cher premier amour de Zoé Valdés
Comme pour Léonardo Padura, les romans de Zoé Valdès remplissent les rayons de littérature cubaine. Et comme pour Léonardo Padura, je ne savais pas quel titre choisir… J’ai bien La Havane mon amour dans ma pile à lire
mais il n’est pas encore sorti en poche alors je n’ai pas osé vous le proposer à cause de son prix (14 € si jamais). Mais j’aime beaucoup la collection Babel alors mon dévolu s’est jeté sur celui-ci.

« Cher premier amour puise aux sources poétiques des règnes minéral, animal ou végétal pour célébrer la terre cubaine et sa culture métisse. Un train quitte la gare centrale de La Havane pour atteindre une mystérieuse vallée qui porte un secret d'amour. Il emmène Danaé à la recherche des paradis de sa jeunesse. C'était l'été de ses treize ans et de sa première école aux champs. Au sein de la joyeuse cohorte d'adolescents faisant l'expérience patriotique des travaux agricoles, Danaé découvrait l'amour interdit avec une Indienne habitant ce lieu autant qu'il l'habitait. » 

335 pages – éd. Actes Sud (Babel) – 8,70 €

Le siècle des Lumières, Alejo Carpentier
« Les prestigieux paysages des îles et de la mer des Caraïbes sont le décor de ce roman baroque et tragique où le grand écrivain cubain fait revivre des événements peu connus de la Révolution française. Autour du mystérieux personnage de Victor Hugues, qui joue un rôle important à la Guadeloupe en 1791, puis en Guyane où il devra renier son idéal, on voit toute l'Amérique de langue espagnole évoluer vers son émancipation. On revit l'atmosphère coloniale de La Havane, les drames sanglants de la grande Révolution, la guerre contre les Anglais, la guerre de course... »
461 pages - éd. Folio – 8,70 €


Mère Cuba de Wendy Guerra
« Animatrice de radio, suspendue d’antenne, Nadia Guerra obtient une bourse pour Paris, mais l'art n'est pas sa seule motivation ; elle part aussi à la recherche de sa mère, Albis Torres. Elle va finalement la retrouver à Moscou. En fouillant dans ses affaires, elle retrouve le journal que celle-ci tenait à Cuba, à la veille de la Révolution, une époque cruciale, journal dans lequel elle fait, notamment, le portrait de l’héroïne révolutionnaire Celia Sánchez. Mère Cuba, dans la lignée de Tout le monde s'en va, nous immerge au cœur d'une génération qui porte un héritage révolutionnaire aussi lourd que fascinant, mettant à nu la mémoire de la nation cubaine tout entière. »
Une poésie des instants […] qui laisse en lecture un étonnant sentiment de proximité avec ce « pays de personne » où le « temps est sépia » et la « douleur salée ». Xavier Houssin, Le Monde des livres.
320 pages – Le Livre de Poche – 7,10 €


Des livres de Noël 🎄

 
Avant toute chose, je vous souhaite à tous et à toutes de belles fêtes de fin d'année ! Pour fêter cela j'avais envie de vous faire une sélection de livre sur la thématique de Noël. Ainsi, si vous vous êtes réveillé(e)s ce matin empreint(e) de nostalgie, vous savez quoi faire... et surtout quoi lire 😊